Droit à la poursuite d’études : Le Master moins accessible en 2021

Mise en place en 2017, la réforme de la sélection en master prévoyait de décaler la sélection de l’entrée en M2, à l’entrée en M1. Dans les faits, cette réforme a été un moyen de généraliser la sélection et de l’entraîner dans le fonctionnement de l’ensemble des Master. À la rentrée prochaine, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) prévoit un durcissement de la sélection, au détriment de l’intérêt des étudiant-e-s.

Si la réforme de 2017 prévoyait la mise en place d’un « droit à la poursuite d’études » (très théorique), celui-ci n’a jamais été un frein à la sélection, voire a été un moyen de la légitimer, obligeant les étudiant-e-s qui connaissent ce droit à se tourner vers des Master ne correspondant pas à leurs aspirations. Jusqu’à cette année, ce « droit » pouvait être appliqué si l’étudiant-e s’était vu refusé au moins deux candidatures et en ayant candidaté à au moins deux Masters. Désormais, la candidature à cinq Masters minimum sera nécessaire, dans au moins deux disciplines différentes et deux académies pour pouvoir faire un recours. Le recteur, saisi par l’étudiant-e, devra également faire au moins deux propositions seulement, contre trois précédemment, et pourra librement proposer des Master se trouvant dans d’autres académies. Désormais, l’étudiant-e ne disposera que de huit jours pour donner une réponse positive ou négative, au lieu de quinze.

Selon un rapport de l’Hcéres, au cours des quatre campagnes d’inscription menées via le site trouvermonmaster.com, entre 50% et 60% seulement des dossiers ont été jugés recevables. Ce taux impressionnant montre à quel point la procédure est mal adaptée et ne répond pas à l’enjeu d’orientation et à l’application d’un droit. Entre 2019 et 2020, on a également constaté une augmentation de 120% des saisines pour l’application du droit à la poursuite d’études. La FSE dénonce donc ce durcissement et la hausse des barrières sélectives à l’entrée en Master à la rentrée 2021. Suivant une année particulièrement chaotique, le ministère fait le choix d’enliser un peu plus encore les étudiant-e-s en pratiquant une sélection plus accrue dans une période où la sélection sociale s’est déjà amplifiée avec la crise sanitaire.

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