Motion : Soutien à la mobilisation du peuple thaïlandais

[Motion de la Coordination syndicale nationale (CSN) de la Fédération syndicale étudiante adoptée à l’unanimité des délégations, le 22 novembre 2020]

Depuis mi-juillet, un mouvement social a vu le jour en Thaïlande, le plus massif organisé depuis celui sur le coup d’État de 2014. Le mouvement est impulsé en réaction à une loi dite de “lèse-majesté” et revendique son abrogation. Cette dernière sanctionne de 3 à 15 ans d’emprisonnement toute diffamation ou insulte envers le monarque et sa famille. Il demande aussi davantage de transparence dans les finances de la monarchie et la non-ingérence du souverain dans les affaires politiques.

L’une des autres causes de la mobilisation est la crise économique actuelle liée à la crise sanitaire. Nombreux ont perdu leur emploi et la crise a mis en lumière les inégalités. Afin de contrer les mobilisations prodémocratie et ainsi justifier la répression, un état d’urgence a été mis en place. C’est donc contre un régime autoritaire et qui maintient les intérêts de l’impérialisme que les thaïlandais-es se mobilisent.

Le 10 août, un appel à la mobilisation étudiante s’est lancé, réunissant plus de 4 000 étudiant-e-s. Ces dernier-e-s ont établi 10 revendications, dont le fait de couper toute propagande royaliste, supprimer le privilège d’immunité juridique du roi, mais aussi des revendications générales comme la réécriture de la constitution ou encore la démission du gouvernement. Cela a donné un nouveau souffle dans le mouvement en général, qui a réuni plus de 10 000 étudiant-e-s manifestants à Bangkok, plus grande manifestation de septembre selon la police locale.

Le mouvement prenant de l’ampleur, la répression s’est renforcée. Depuis mi-août, les leaders étudiant-e-s se faisaient arrêter et poursuivre. La date du 15 octobre a été l’occasion d’une manifestation avec beaucoup de répression, dont arrestations, canons à eau ou encore gaz colorés afin de ficher les personnes mobilisées. Les manifestations se sont donc massifiées et ont encore lieu de manière quasi-quotidienne. Alors qu’une réforme de la constitution devait se faire ces 17 et 18 novembre, plusieurs affrontements entre étudiant-e-s mobilisé-e-s et ultraroyalistes ont eu lieu ; on compte une cinquantaine de blessé-e-s dont 6 par balles parmi les étudiant-e-s, même si l’on ne sait pas si les armes à feu ont été utilisées par la police ou par les ultraroyalistes.

La Fédération syndicale étudiante trouve donc important d’apporter son soutien aux étudiant-e-s thaïlandais-es ainsi qu’au syndicat étudiant organisant ces mobilisations pro démocratie. Notre soutien se fait également dans le cadre de la lutte contre les forces impérialistes et fascistes, ainsi que contre la répression politique et policière

Traduction

Since mid-July, a social movement has emerged in Thailand, the most massive organized since the coup d’état of 2014. The movement is impulsed in reaction to a law known as the « lese-majesty » law and demands its repeal. The latter punishes any slander or insult against the monarch and his family from 3 to 15 years in prison. The movement also calls for greater transparency in the monarchy’s finances and non-interference by the sovereign in political affairs.

One of the other causes of the mobilization is the current economic crisis linked to the health crisis. Many have lost their jobs and the crisis has highlighted inequalities. In order to counter the pro-democratic mobilizations and thus justify repression, a state of emergency has been put in place. It is thus against an authoritarian government that maintains the interests of imperialism that the Thai people are mobilizing.

On the 10h of August, a call for student mobilization was made, gathering more than 4000 students. They set out 10 demands, including cutting off all royalist propaganda, abolishing the king’s privilege of legal immunity, but also general demands such as rewriting the constitution or the resignation of the government. This gave a new impetus to the movement in general, which reunited more than 10 000 students demonstrators in Bangkok, the largest protest of September according to local police.

The repression was reinforced as the movement grew in magnitude. Since mid-August, the student leaders have been arrested and prosecuted. The date of October 15 was the occasion of a demonstration with a lot of repression, including arrests, water cannons or even colored gas in order to keep the mobilized people on file. Protests have thus massified and still take place almost daily. While a reform of the Constitution was supposed to take place on November 17 and 18, several clashes between mobilized students and ultra-royalists occurred; about 50 students were injured, 6 of them were shot, although it is not known whether the guns were used by the police or by the ultra-royalists.

The french Student Union Federation (FSE) therefore finds it important to show its support to Thai students and to the student union organizing these pro-democracy mobilizations. Our support is also made within the context of the struggle against imperialist and fascist forces, as well as against political and police repression.

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