Motion : Contre l’islamophobie

[Motion de la Coordination syndicale nationale (CSN) de la Fédération syndicale étudiante adoptée à l’unanimité des délégations, le 22 novembre 2020]

L’horrible assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire géographie qui s’est fait décapité le 16 octobre dernier, a suscité énormément d’émotions dans tout le pays. Cette émotion générale a ensuite fait l’objet d’une récupération politique islamophobe avec notamment des discours et des mesures racistes et islamophobes. L’islamophobie décomplexée sévit en France depuis des années, s’appuyant notamment sur une banalisation générale des discours d’extrême droite et sur leurs mises en avant médiatiques, mais aussi par l’instrumentalisation de la peur et de l’émotion déclenchées par les actes terroristes.

Le gouvernement se cache derrière la lutte contre le terrorisme pour ne pas assumer la responsabilité de son échec et poursuivre ce qui s’avère être en réalité une lutte islamophobe. L’État prend la cause à bras le corps depuis octobre (et en amont) et dirige sa lutte vers un bouc-émissaire, une diversion qui n’est pas sans conséquences. Depuis le 16 octobre, ce sont des centaines d’expulsions de fichés S étranger-e-s qui ont eu lieu, la dissolution d’associations anti-racistes et anti-islamophobes, des interrogatoires de 11h sur des enfants de 8 à 11ans pour « apologie du terrorisme », c’est ici le tableau d’un gouvernement qui cherche les mauvais coupables avec des méthodes douteuses. Et ça, sans compter toutes les paroles islamophobes et racistes qui ont été déblatérées sans aucune restriction et qui ne feront jamais l’objet de condamnation. Le gouvernement utilise les dégâts émotionnels causés par les attentats terroristes pour servir sa cause et tendre vers un état fasciste. Tout comme avec le projet de loi contre le « séparatisme » annoncé en mars dernier qui donne notamment beaucoup plus de pouvoirs aux préfets (surpassant les élus locaux mairies etc), pour suspendre des associations, fermer des lieux de cultes ou encore restreindre ce qui ne serait pas en accord avec les dites « valeurs républicaines », terme subjectif qui ne reflète aucune réalité précise  et qui est de plus en plus employé dans le milieu politique. 

Par la présente motion, la Fédération Syndicale Etudiante tient à apporter tout son soutien aux étudiant-e-s musulman-e-s ainsi qu’à toute la communauté musulmane, victimes de racisme et d’islamophobie d’État et soutien une lutte contre l’islamophobie sur les universités et dans la rue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles

Non classé

2016 À 2026 : CE QUE LE CPE NOUS APPRENDS SUR LA PLACE DES MOBILISATIONS ÉTUDIANTES DANS LA LUTTE DES CLASSES – PARTIE 2

Vingt ans après, la mobilisation de 2006 contre le Contrat Première Embauche (CPE)  demeure une référence pour toutes celles et ceux qui veulent comprendre comment lutter et gagner. Elle n’a pas seulement été un mouvement étudiant massif, elle a été une démonstration de force de notre camp tout entier. En liant les étudiants aux travailleurs,

Lire plus »
Non classé

2006 À 2016 : CE QUE LE CPE NOUS APPRENDS SUR LA PLACE DES MOBILISATIONS ÉTUDIANTES DANS LA LUTTE DES CLASSES 

La mobilisation de 2006 contre le Contrat Première Embauche (CPE) est le plus gros mouvement étudiant survenu depuis mai 68 et la dernière mobilisation étudiante nationale à avoir obtenu une victoire avec le retrait total du CPE de la loi Égalité des chances. Pourtant d’autres mobilisations étudiantes ont eu lieu après le CPE mais n’ont

Lire plus »
Syndicalisme

20 ans du Contrat Première Embauche : seule la lutte nous permet de vaincre !

La précarisation de la jeunesse est depuis longtemps au cœur des politiques de l’Etat. Elle est vue comme une partie de la population malléable, qui doit se plier en premier aux situations économiques : chômage, faible revenus, conditions d’emplois et de stage, etc. Et c’est là que Dominique de Villepin, alors premier ministre de Jacques

Lire plus »