Coordination syndicale nationale (CSN) : Quels sont les enjeux ?

Ce week-end (21 et 22 novembre, ndlr.) se tient la troisième Coordination Syndicale Étudiante (CSN) de notre organisation. Ces temps collectifs qui rassemblent des délégué-e-s de l’ensemble de nos sections syndicales nous permettent de débattre trois fois par an autour d’un texte de bilan critique et perspectives de notre activité syndicale de terrain et de notre fonctionnement interne. Les analyses produites par les délégué-e-s à la CSN tout au long du week-end nous permettent de nous doter de perspectives fortes pour le développement de notre organisation. 

Evidemment, durant ce week-end, la rentrée universitaire 2020 et son déroulement seront au cœur des débats et de nos analyses. Cette rentrée constituait un véritable enjeu pour les étudiant-e-s. En effet, le contexte sanitaire, les deux confinements auxquels nous avons été confronté-e-s et auxquels nous sommes toujours confronté-e-s, ont laissé de nombreux-ses étudiant-e-s en situation de précarité parfois extrême. Beaucoup d’étudiant-e-s ont perdu leur emploi étudiant et n’ont pas pu non plus se trouver de jobs saisonniers durant l’été. En plus de la précarité financière, la crise sanitaire est aussi un facteur qui amplifie fortement l’isolement de nombreux-ses étudiant-e-s qui se retrouvent enfermé-e-s dans leurs logements universitaires bien souvent minuscules et peu agréables. La fermeture des universités et le passage à certains cours – voire tous – en distanciel ont accru les inégalités des étudiant-e-s face à l’accès à l’enseignement supérieur, poussant même certain-e-s au décrochage au bout de deux mois de cours. 

En cette rentrée 2020, les étudiant-e-s ont donc plus que jamais besoin d’une structure syndicale forte, en capacité de les défendre et d’organiser la solidarité de manière concrète et quotidienne. Nos campagnes ont donc dû s’adapter aux besoins et spécificités locales sur chaque campus. Par exemple, le campus de Tolbiac à Paris ne possède pas de Restaurant universitaire et ne permet donc pas aux étudiant-e-s de manger un vrai repas à tarif social tous les midis. Nous avons donc mis en place une pétition pour réclamer l’ouverture de nouveaux points de restauration. Ou encore à Lille où les logements universitaires du Crous sont dans des états d’insalubrité terrible et avec des chambres alors même que plusieurs étudiant-e-s se retrouvaient sans logement. Nous avons donc mené une campagne de défense collective pour accélérer les procédures. Cette campagne a débouché sur une occupation des services centraux du Crous, à l’issue de laquelle des étudiant-e-s ont pu être relogé-e-s et où le Crous a financé quelques nuits en auberge de jeunesse. C’est une victoire en demie teinte mais qui prouve notre présence aux côtés des étudiant-e-s quotidiennement. De même, pendant le confinement, nous continuons notre activité pour lutter contre l’isolement et la précarité étudiante, en organisant par exemple des distributions alimentaires en cités universitaires.

Ce contexte particulier nous pousse donc à constamment repenser nos pratiques et de nous adapter à la réalité des étudiant-e-s des campus sur lesquels nous sommes présent-e-s. C’est pourquoi il est d’autant plus important de maintenir notre troisième CSN qui aura lieu à distance pour s’adapter aux règles sanitaires. Nous devons malgré tout pouvoir analyser le déroulement de ce début de semestre pour notre organisation, mais aussi au niveau des conditions d’études des étudiant-e-s. Ces analyses seront basées sur une critique et une autocritique collective de notre fonctionnement et de nos activités sur le terrain. Ce travail nous permet de perfectionner nos pratiques militantes et de continuer un travail d’autonomisation de nos sections grâce à une feuille de route et des perspectives claires et concrètes définies collectivement. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles

Destruction de l’enseignement supérieur : tu casses, tu répares !

Le 22 février, Bruno Lemaire a annoncé une coupe de 900 millions d’euros dans le budget du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), dans le plan d’économie de 10 milliards d’euros sur les services publics. Avec les différentes réformes d’autonomisation des universités, ces dernières ont dû chercher des financements pour palier au désinvestissement de l’État, évidemment sans parvenir à l’équilibre financier. Cette nouvelle coupe, ainsi que le projet d’acte 2 d’autonomisation des universités, ne vont faire qu’empirer la situation financière de nos facs, déjà noyées par les dettes. Nous ne pouvons rester passif-ves au risque de voir l’état de délabrement de nos facs s’aggraver encore.

Lire plus »
Aller au contenu principal