L’EXTRÊME-DROITE À LA FAC, ENTRE AGRESSIONS ET LIBÉRALISATION DE L’ESR

Nous assistons depuis quelques années à une montée de l’extrême-droite dans nos universités. Des organisations comme la Cocarde et l’UNI sont de plus en plus à l’aise pour venir dans les facs à visages découverts et y menacer les étudiants. Nanterre, Nancy, Lille, Strasbourg, Rennes : partout l’extrême-droite étudiante se montre violente envers les autres étudiants, militants ou non. A l’approche des élections CROUS, moment politique fort d’autant plus pour les organisations comme celles-ci qui n’existent que peu le reste de l’année, cette présence s’intensifie. Cette année, c’est 25 listes de l’UNI qui ont été déposées, et 20 de la Cocarde (dont 3 se sont faites annuler, à Tours, Nantes et en Bretagne). 

Cette montée de l’extrême-droite à l’université accompagne l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie contre cette dernière. Les deux partagent le même but : exclure les enfants du prolétariat de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et avoir une science au service de la bourgeoisie, réactionnaire, qui sert à la fois le profit et l’idéologie capitaliste. 

Dans la lignée de la bourgeoisie, l’extrême-droite défend également la privatisation de nos universités : tickets restos étudiants pour favoriser le privé, conventions d’établissements privés, suppression de la CVEC sans investissement compensatoire de l’Etat, distanciation des cours… Leurs revendications s’alignent avec les intérêts de la bourgeoisie, visant à faire reposer le coût des études sur les étudiants, et, in fine, de virer les enfants du prolétariat de l’ESR. 

Si l’extrême-droite étudiante trouve un écho médiatique sur les plateaux de CNEWS et sur les réseaux sociaux, ne nous y trompons pas : à part des agressions, elle n’a aucune implantation réelle sur nos campus, et les étudiants la rejette, aussi bien dans leurs scores aux élections qu’en arrachant leurs affiches et en s’organisant contre leur venue sur les campus. 

Les armes de la bourgeoisie : la répression et la bureaucratie

Cette montée de l’extrême-droite dans nos universités ne se fait pas seule : elle se fait avec la complaisance des présidences et de leur sécurité. A Nanterre ce vendredi 30 janvier 2026, à Lille ou Strasbourg durant les élections des conseils centraux en 2025, la sécurité protège les organisations d’extrême-droite et renvoie dos-dos fascistes et syndicats étudiants, quand elle n’attaque pas simplement les étudiant-e-s pour défendre ces organisations. 

Cette complaisance des universités et des présidents ne se fait pas que sur l’angle de la sécurité : la répression syndicale s’intensifie ces dernières années dans nos universités. Des interventions de police se multiplient sur nos campus, marquant la mort de la franchise universitaire, que ce soit à Lille, à Nanterre, à Dijon, à Lyon. Cette franchise universitaire, c’était le fait que la police ne pouvait pas rentrer dans les universités, fait gagné après la grève des maîtres et le boycott des étudiants de 1229 à l’université de Paris, et en vigueur depuis. Cette règle pluriséculaire est aujourd’hui menacée par les présidences d’université, main dans la main avec la réaction. Également, les présidences n’hésitent pas à utiliser des outils administratifs pour protéger ou avantager l’extrême-droite, comme cela s’est vu durant les élections aux conseils centraux d’Avignon en novembre 2025, où la seule liste de gauche a été invalidée par la présidence contre l’avis de la commission électorale, ou durant celles de Nantes le même mois, où la présidence a tout bonnement interdit la campagne électorale du dernier jour pour ne pas que les voix antifascistes s’expriment.

La bourgeoisie utilise toutes ses armes contre notre classe : des organisations qui n’hésitent pas à être violentes, des présidences qui utilisent des moyens bureaucratiques pour nous faire taire et protéger l’extrême-droite, des études dont le format permet de moins en moins le militantisme. Face à cela, nous ne restons pas de marbre : nous faisons vivre la lutte sur nos campus, nous résistons, et nous organisons les étudiants contre toute la réactionnarisation de l’ESR.


Les armes de notre classe : la combativité et l’organisation collective

Les armes de notre classe pour cette résistance, ce sont la combativité et l’organisation collective. Deux choses dont nos camarades de Nanterre ont fait preuve ce 30 janvier 2026. Contrairement à l’UNEF ou au Poing Levé, ils n’ont pas improvisé un débrayage dans la fac, loin de la Cocarde : ils se sont mobilisés directement contre les fascistes et ont rallié à eux les étudiants, qui comme nous ne voulaient pas voir la Cocarde sur leur campus. 

C’est cela dont notre classe à besoin : une combativité, qui ne se laisse pas faire par la répression et la menace fasciste. D’autres organisations invoquent l’extrême-droite de manière incantatoire pour des élections mais ne s’y opposent pas frontalement dans les faits voire négocient avec eux, comme l’Union Étudiante ou l’UNEF. Contrairement à elles, nous organisons les étudiants contre cette dernière, pendant comme en dehors des élections. 

La répression s’intensifie contre notre syndicat, que cela passe par des gifles à Lille, des convocations au ministère à Paris 8, des exclusions avec sursis à Strasbourg, etc. Mais nous ne nous laissons pas faire, et nous montrons que face à la complicité des universités et de l’extrême-droite, face au CROUS qui refuse de nous laisser nous organiser et entrave notre travail syndical, nous continuons la lutte. Loin d’avoir peur de la répression et de la menace fasciste, ces dernières attisent notre combativité. Nous savons que nous ne sommes pas seuls, les étudiants ont maintes fois exprimé leur soutien et leur solidarité à nos luttes, et sont présents pour dégager les fascistes de leurs campus. Nous savons également que cela sera une nouvelle fois démontré par les élections CROUS de ce mois de février, auxquelles l’extrême-droite prendra un nouveau camouflet.

Étudiant, sur ton campus, face à l’extrême-droite et à la privatisation de l’université, ne reste pas seul : vote pour les listes FSE et EMF au CROUS, et rejoins la FSE pour t’organiser durablement contre !

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