RÉPRESSION SYNDICALE : 3 ÉTUDIANTES SYNDIQUÉES EXPULSÉES DE LEUR CITÉ U PAR LE CROUS BRETAGNE

Entre septembre 2023 et décembre 2023, nos camarades de Rennes se sont mobilisé-e-s pour Mohammed. Cet étudiant handicapé moteur, sourd et souffrant de plusieurs maladies auto-immunes, s’est retrouvé sans logement à la rentrée de septembre, à cause de sa situation irrégulière. Il a été hospitalisé plusieurs fois au cours du semestre puisque, sans logement stable et adapté, il ne pouvait avoir accès aux soins et au suivi médical dont il dépend pour vivre. Dans ce cadre, nos camarades ont demandé à obtenir un rendez-vous avec le CROUS Bretagne, mais sans réponse et au vu de l’urgence de la situation, ils ont occupé les lieux. Seulement quelques jours plus tard, un logement d’urgence a été obtenu pour Mohammed, dont une grande partie a été financée par le CROUS.Suite à cette mobilisation, trois de nos camarades responsables de notre section rennaise ont reçu des refus de renouvellement de leurs logements en cité universitaire. Le CROUS Bretagne poursuit nos camarades en justice pour dégradation, diffamation, atteinte à la vie privée et elles n’ont plus accès aux logements CROUS, à Rennes ou ailleurs, pour motif de “contentieux disciplinaire”. Depuis, le directeur du CROUS Bretagne a refusé le recours gracieux de nos camarades : tant que des lettres d’excuses ne lui seront pas écrites et que les posts sur les réseaux sociaux dénonçant le CROUS ne seront pas supprimés, le recours ne sera pas examiné.

Elles ont été informées de la situation par un mail du CROUS, reçu tardivement et contenant plusieurs erreurs. Nos trois camarades ont été ciblées simplement parce qu’elles vivent en résidence CROUS et y ont milité, l’une d’elle n’ayant même pas été présente lors des occupations. De plus, aucun-e militant-e de la section rennaise vivant en dehors d’une résidence universitaire n’a été visé-e par la plainte déposée. La procédure du CROUS Bretagne, les motifs des expulsions et l’amalgame fait entre syndicalistes et résidentes, nous montrent que ce à quoi font face nos trois camarades n’est rien d’autre que de la répression syndicale, dont l’objectif est de leur faire peur, de les empêcher de militer et de redorer l’image du CROUS.

Nous dénonçons donc la répression syndicale commise par le CROUS Bretagne, qui semble vouloir punir nos camarades d’avoir défendu nos droits et ceux de tous-tes les étudiant-e-s résidant en cité universitaire. Cette procédure ne prouve qu’une chose : la volonté du CROUS d’aller plus loin dans la répression, ce qui pourrait devenir une norme dans tous les autres et c’est pourquoi nous la combattrons jusqu’au bout. Un recours au tribunal administratif ainsi qu’un recours contentieux sont en cours pour lutter contre les décisions du CROUS Bretagne.

Elle s’inscrit dans une vague de répression dont sont particulièrement victimes les syndicalistes ces derniers mois, comme le démontre le licenciement du syndicaliste CGT Timothée Esprit ou la condamnation à un an de prison avec sursis du secrétaire général de l’union départementale de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut. Mais au-delà de la répression syndicale, c’est une atteinte aux droits de tous-tes les étudiant-es que nous dénonçons.

Nous appelons donc au soutien de toutes les organisations syndicales et/ou attachée aux libertés politiques et syndicales souhaitant se joindre à cet appel et à la signature de la pétition pour le retrait par le CROUS Bretagne de toutes les procédures initiées à l’encontre de nos camarades afin que de nouveaux logements leur soient attribués dès maintenant. Quoi qu’il en soit, la FSE continuera son activité sans peur et sans honte, dans les cités Universitaires comme ailleurs. Nous ne renoncerons pas !

La FSE Rennes et le bureau national de la FSE

Liens de la pétition : https://www.change.org/p/stop-%C3%A0-l-expulsion-de-syndicalistes-%C3%A9tudiantes-au-crous-bretagne?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAAaYOxlWQkxY_BUZxW23P_JWxGqVPZ1p1KS5Rh0ufZLqHf7-93bIyKsvICQ8_aem_wZFN8DbZ_hAByHZc8DX-7Q

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