REFORME DES RETRAITES : Aux cotés des travailleur-se-s pour préparer la riposte

Motion de la Coordination Syndicale Nationale (CSN) de la Fédération Syndicale Etudiante.
Adoptée à l’unanimité des délégations, le 22 mai 2022.

La réélection d’Emmanuel Macron pour un nouveau quinquennat marque une nouvelle vague d’attaques libérales et antisociales. Les prochains gouvernements ne feront qu’accentuer la destruction des services publics déjà bien entamée. Avec la nomination d’Elisabeth Borne en tant que première ministre le ton est donné : n’avoir qu’une façade de « gauche ». Celle qui a permis la réforme de l’assurance chômage et Macron ont donc un nouveau projet : mettre en place un nouveau système de retraites, reculant l’âge de départ à la retraite à 65 ans à taux plein. 

Cette réforme avait déjà vu le jour dès 2018 : le président annonçait réformer le système par répartition. L’annonce de cette réforme avait provoqué un mouvement social d’ampleur avec plus de 1,5 millions de personnes dans la rue le 5 décembre 2019. La grève avait duré plusieurs mois, menée principalement par la SNCF et la RATP, entraînant la paralysie de plusieurs secteurs d’activité.

Emmanuel Macron souhaite prendre en compte “l’avis des français” sur cette réforme très controversée : il compte notamment sur une grande conférence sociale déjà utilisée sous le gouvernement de François Hollande, visant à mettre en place une “nouvelle feuille de route sociale” que plusieurs centrales syndicales avaient déjà boycotté en 2014. Ce semblant de compromis, fait pour apaiser les tensions, a pour but de faire taire les mobilisations, car nous le savons tous : seule une mobilisation d’ampleur saura faire reculer le gouvernement. 

Le projet qui avait finalement été suspendu avec la crise est déjà remis en avant comme la réforme phare du quinquennat. Cette réforme, bien que nous n’en connaissons pas l’entièreté des détails, s’attaque à une des conquêtes ouvrières de la Libération. Elle vise principalement à remplacer le système actuel par répartition par un système par capitalisation. Ce dernier se base sur le fait que les cotisations prélevées servent à la retraite de l’individu directement, tandis que la répartition met en avant un principe de solidarité avec les cotisations des actifs qui sont utilisées pour les personnes déjà à la retraite. De plus, la capitalisation des cotisations entraîne le placement de ces dernières (dans l’immobilier, les finances,etc), de ce fait une crise financière impacterait directement les fonds de pension des retraites car le capital n’est pas garanti et dépendra de la conjoncture économique. 

Il a aussi comme but de revoir le système des régimes spéciaux qui permettaient aux travailleurs de partir à la retraite plus tôt et ainsi pallier la pénibilité de certains emplois comme les cheminots, les électriciens et les travailleurs de la RATP. Ce modèle voulu “plus juste et égalitaire” est en réalité uniquement envisagé afin de réduire le montant attribué aux retraites des régimes spéciaux qui selon le gouvernement creuse un trou dans la sécurité sociale. 

Plus globalement, cette réforme des retraites met en danger directement le  prolétariat. Beaucoup de retraités essayent déjà de s’en sortir avec à peine 800 euros par mois en guise de retraite : le recul de l’âge de départ, la suppression des régimes spéciaux et un calcul des retraites qui varie en fonction de la situation économique entraîne uniquement la précarisation de la majorité des français. Cela mènera à une baisse massive du nombre de travailleurs et travailleuses en capacité d’atteindre une retraite complète.  

L’enseignement supérieur n’en est pas exempt et nous devons dès aujourd’hui envisager la riposte sociale et les combats que nous allons devoir mener auprès des travailleurs et travailleuses. En tant qu’étudiant-e-s  nous assurons notre soutien aux salarié-e-s  prêts à se mettre en grève et à se mobiliser contre les attaques antisociales qui nous attendent. Nous refuserons de partir à la retraite après 65 ans, nous refuserons la dégradation de nos conditions de vie. Septembre 2022 sera une rentrée sociale !

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